FRANCE :: Martinez ZOGO un corps qui va hanter toutes les personnes mêlées par l’Ecrivain Calvin Djouari

Depuis dimanche, des confrères et collègues se recueillent au domicile de Martinez Zogo. Des bougies allumées çà et là au siège de la radio, montrent une cérémonie poignante. Ils sont là tous les soirs, rassemblés pour partager cette dure souffrance, cette profonde douleur causée par la disparition d’un grand animateur exemplaire, d’un frère bienveillant, d’un Camerounais affectueux, d’un cher et précieux ami des auditeurs. Le Cameroun perd chaque jour ses meilleurs enfants atrocement. Le décès de Zogo sera pour nous un deuil national. Les esprits qui accompagneront cet homme à sa dernière demeure, laisseront sur son tombeau l’esprit des anges, qui vengera ce monsieur. 

Zogo était un être humain comme tout le monde, il avait droit à la vie. Personne n’est Dieu sur cette pour le lui arracher de cette façon. Nous sommes encore sous le choc, atteint comme par un coup de massue sur une tête. Moi qui écris sur lui, je ne le connaissais pas, je n’avais jamais entendu parler de lui, mais je mesure l’immense potentialité dont il était doté. Oh mon Dieu ! Pendant que les Camerounais vaquaient à leur occupation, un de leur était quelque part dans la ville en train d’être torturé, que dis-je massacré.

 Depuis dimanche, ma famille ici à Paris, vit ce drame comme une perte personnelle. Le Cameroun tout entier vit l’émotion d’un horrible fait divers. L’image de notre beau pays est une image sordide avec ce drame qui fait le tour du monde. Depuis cette terrible annonce, beaucoup de Camerounais vont dans leur lieu de travail, découragés, abattus et honteux d’une mort indigeste, dont on souffre minute après minute le cauchemar. Une affaire qui déchire l’âme. Ce crime nous déshonore. Que les coupables soient brandis devant le peuple. Voir ce reportage sur le journaliste https://o-trim.co/zws  

Très cher président Paul Biya

Même si nous savons que la vie est un processus qui finit par ce chemin de la mort, nous n’admettrons pas que dans ce pays si difficile, que ce crime reste impuni. Aucun Camerounais ne doit être plus puissant que vous dans ce pays monsieur le président. Nous vous prions de garantir la vie des Camerounais dont vous avez la responsabilité. Vous êtes notre président, notre père, c’est vers vous qu’on se retourne lorsqu’il y a une catastrophe, une attaque extérieure.

Tous les Camerounais sont vos enfants, vous vous devez de les protéger contre les plus forts. Même si les hommes sont faits pour mourir, ce n’est pas de cette façon. Le crime contre Zogo est infernal, c’est sorti de la nuit des temps. Ces dernières années, le lien avec le pays s’est quelque peu distendu. Face à la froideur des hommes et plus précisément à la laideur de cette vie du Cameroun, où les criminels s’affichent, mettent les autres à nu devant vous, nous nous demandons monsieur le président, qui est plus fort que vous dans ce pays ?

Les gens perdent le dégoût de s’y rendre. Les journalistes et d’autres acteurs de la vie politique marchent sur une route infernale. Quand on n’est pas criblé de balles, c’est souvent la prison.

Zogo est devenu une perte personnelle pour chaque Camerounais. Cet homme a vécu un vrai calvaire semblable à celui de Jésus à Golgotha. Il a été dépouillé de son manteau, et sous une terre vide pareille à celle de Jérusalem, c’est là où son corps a été laissée. Mais cette terre deviendra une terre sainte comme celle de Jéricho et comme Jésus, c’est Zogo qui sauvera les autres camerounais morts pour rien. Chacun verra la force des morts sur les vivants. Tous ceux qui vont essayer de voiler ce crime verront la colère des dieux. La mort de Zogo rappelle des drames similaires, c’est pourquoi, il représente à lui seul désormais les hommes qui sont morts dans ce pays sans justice. Je pense à l’affaire Mpondo, au père Engelbert Mveng, à maître Ottou, à Guegnang Souley,  à l’évêque Atangana MBalla, pour ne citer que ceux-là. Voilà des souvenirs des crimes crapuleux.  Le Cameroun n’est pas le seul à éprouver les émotions qui se décrivent ici, c’est partout dans le monde qu’on peut lire cette tristesse.

« Nous rêvons d’un Cameroun meilleur. » Dans les 40 discours adressés à la jeunesse depuis 1982, le président Paul Biya a toujours évoqué ces mots. Même si cela ne s’est toujours pas réalisé, au moins que les Camerounais vivent dans un pays juste et en sécurité.

Quand je rencontre des Camerounais, ils sont peinés ; on nous met toujours au défi de citer au moins cinq noms qui ont fait du bien dans ce pays, des personnes dévoués et honnêtes, à qui on pourrait sans détour confier le destin de notre pays. Aucun visage n’apparaît devant nous. Notre pays est gangrené par des gens qui ont du sang dans les mains. Des hommes pourtant sublimes qui se comportent dans la nuit noire sans lueurs, sans éclats, ni chaleur comme des monstres fumants ; qui ont perdu les mots et la ferveur à force de les utiliser sans valeur humaniste ; leurs discours ne sont plus des mots qui font frémir. N’ayant plus de conscience pour les guider, ni de sens auquel s’accrocher, des personnes qui se ruent vers les chemins maudits dont la marche donne l’anxiété, les chemins les plus longs dans les nuits noires. Autre vidéo sur Zogo sur    https://o-trim.co/vox

Article sur la même affaire du même auteur. https://o-trim.co/cme

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